
Le 13 août, parlons aussi de santé menstruelle
14 août 2026Au-delà de la biologie, comprendre comment le stigma, les silences et les représentations façonnent le vécu menstruel et la santé.
Les menstruations sont un phénomène biologique. Mais leur vécu dépasse largement cette seule dimension.
Bien avant d’entrer dans un cabinet médical, notre rapport aux menstruations s’est déjà construit. À travers les mots entendus — ou jamais prononcés — dans la famille, les croyances, les normes sociales et culturelles, l’école, l’expérience des premières règles, mais aussi les injonctions à cacher, à contrôler et parfois à supporter en silence.
Ces représentations ne restent pas à la porte de la consultation. Elles peuvent influencer la manière dont une personne décrit ses règles, parle de sa douleur, considère ce qui est « normal », demande de l’aide ou, au contraire, choisit de se taire.
C’est précisément cette articulation entre vécu menstruel, santé et pratique clinique que j’aurai le plaisir d’explorer le 2 octobre 2026, à l’occasion du 11ᵉ Congrès National de la Société Tunisienne de Sexologie Clinique, lors d’un atelier de trois heures intitulé :
« Éducation complète à la sexualité : autour des menstruations »

Regarder au-delà de la physiologie
Ces dernières années, la recherche en santé menstruelle a progressivement élargi notre manière de penser les menstruations.
La santé menstruelle ne peut être réduite à l’absence de pathologie ou au seul accès aux protections menstruelles. Elle implique également la possibilité d’accéder à une information juste, de prendre soin de son corps, d’être accompagné lorsqu’une douleur ou un trouble survient, de participer pleinement à la vie sociale et de vivre ses menstruations sans honte, stigma ni détresse psychologique.
Cette approche nous invite alors à poser une autre question :
Que produisent les silences et les représentations entourant les menstruations sur la santé ?
Car lorsqu’une douleur est normalisée, lorsqu’une adolescente n’ose pas poser certaines questions, lorsqu’une patiente considère qu’un symptôme fait simplement partie de ce qu’elle « doit supporter », le stigma menstruel peut aussi devenir un enjeu clinique.
Et en Tunisie ?
Cette réflexion prend une dimension particulière lorsqu’elle est replacée dans notre contexte.
La transmission familiale, les représentations du corps, les pratiques et discours religieux, les normes de genre, les conditions économiques ou encore les nouvelles formes de discours autour des menstruations participent à construire des expériences menstruelles multiples.
C’est aussi l’un des enjeux qui traverse aujourd’hui mon travail en Contemporary Menstrual Studies : comprendre comment se construit le rapport au corps menstrué dans la Tunisie contemporaine.
Quelle place pour les professionnels de santé ?
C’est l’une des questions centrales que nous explorerons pendant cet atelier.
Comment parler des menstruations sans reproduire involontairement certains stigmas ?
Comment entendre ce qui n’est pas spontanément formulé ?
Comment interroger la douleur sans la banaliser ?
Comment prendre en compte l’environnement social et culturel d’une patiente sans réduire son expérience à celui-ci ?
L’objectif ne sera donc pas seulement de parler des menstruations, mais de réfléchir collectivement à la manière dont nous pouvons mieux les intégrer à l’éducation à la sexualité et à la pratique clinique.
À travers des données scientifiques, les recherches contemporaines en études menstruelles, les réalités tunisiennes, des échanges et des mises en situation, cet atelier sera avant tout un espace de réflexion et de partage entre professionnels.
Parce que faire progresser la santé menstruelle suppose aussi de regarder au-delà de la biologie, et de contribuer à construire un rapport plus éclairé, digne et positif au corps menstrué.

Rendez-vous le 2 octobre
11ᵉ Congrès National de la Société Tunisienne de Sexologie Clinique
📍 Tunis
📅 Vendredi 2 octobre 2026
🕝 14h30 – 17h30
Atelier 4 — Éducation complète à la sexualité : autour des menstruations
Vous souhaitez participer à l’atelier ? Les inscriptions sont ouvertes.



