
Éducation complète à la sexualité : autour des menstruations
7 septembre 2026
Le 29 octobre, plus de vingt participantes se sont réunies à Sousse pour un nouvel atelier d’éducation menstruelle avec le Dispositif National Nouvelle Chance (DNNC) et l’IECD. Parmi leurs retours, une idée m’a particulièrement touchée : le simple fait d’aborder les règles naturellement les avait marquées.
Un espace pour comprendre et poser ses questions

On peut avoir ses règles depuis des années sans avoir eu l’occasion de comprendre son cycle ou de parler librement de ce que l’on vit. Les questions restent parfois pour soi, par pudeur, par crainte du jugement ou parce que l’on pense que l’on devrait déjà connaître les réponses.
C’est pour ouvrir cet espace que les ateliers d’éducation menstruelle prennent tout leur sens.
Lors de cette nouvelle rencontre à Sousse, nous avons parlé du cycle menstruel, des règles et des protections disponibles, notamment des culottes menstruelles et de leur utilisation. Avec une intention qui guide chacun de mes ateliers : rendre les informations accessibles et permettre à chacune de poser ses questions sans se sentir jugée.
Ce que racontent leurs petits mots
À la fin de l’atelier, les participantes ont laissé leurs impressions sur de petits papiers.
Certaines évoquent des connaissances nouvelles sur leur corps. D’autres soulignent la clarté des explications ou le plaisir d’avoir pu échanger librement. Une participante écrit avoir appris que les règles ne sont pas sales.
Un autre retour retient particulièrement mon attention : une participante a apprécié que je parle des règles de manière naturelle, alors que ce sujet suscite encore de la honte autour d’elle.

Ces mots rappellent que la manière de transmettre compte autant que les informations transmises. Nommer les règles simplement, accueillir une question avec attention, expliquer sans embarras : ces gestes contribuent à rendre la conversation possible.
Quand le silence entretient la gêne
La façon dont nous parlons des menstruations participe à la façon dont nous les vivons.
Lorsqu’un sujet est toujours évité, chuchoté ou entouré de sous-entendus, il peut devenir difficile de l’aborder, même pour demander une information ou parler d’une difficulté.
À l’inverse, une conversation ouverte peut offrir la possibilité de mettre des mots sur son expérience, de questionner une idée reçue et de découvrir que d’autres partagent certaines de nos interrogations.
C’est aussi cela, l’éducation menstruelle : proposer un cadre où chacune peut apprendre et mieux comprendre son corps, dans le respect de son intimité. Parler librement signifie aussi pouvoir choisir ce que l’on souhaite partager et ce que l’on préfère garder pour soi.
Une confiance renouvelée
Je remercie chaleureusement toute l’équipe du DNC de Sousse pour son accueil et sa confiance renouvelée, ainsi qu’à l’IECD pour la place accordée à l’éducation menstruelle dans cet accompagnement. La note de remerciement qui m’a été remise à l’issue de l’atelier m’a beaucoup touchée.

Et merci aux participantes pour leurs échanges et leurs petits mots, qui nourrissent mon envie de poursuivre ce travail.
Faire une place durable à l’éducation menstruelle
Ces retours renforcent une conviction au cœur de Jasminrose : l’accès aux connaissances sur le cycle menstruel mérite une place dans les écoles, les lieux de formation et les structures d’accompagnement.
Comprendre son corps, connaître les protections disponibles et pouvoir poser ses questions sont des ressources précieuses pour faire des choix éclairés.
À Sousse, cette rencontre nous a rappelé combien une chose apparemment simple peut compter : parler des règles naturellement.
Ashraf Ben Messaoud



