
Et si nous parlions des menstruations à l’échelle de l’Afrique francophone ?
22 juillet 2026
Éducation complète à la sexualité : autour des menstruations
7 septembre 2026Chaque 13 août, la Tunisie célèbre la Journée nationale de la femme, en mémoire de la promulgation du Code du Statut Personnel en 1956, texte fondateur qui a marqué une étape majeure dans l’histoire des droits des femmes tunisiennes.
C’est une journée pour célébrer le chemin parcouru, les droits acquis et les générations de femmes qui ont contribué à les faire avancer.
Mais c’est aussi l’occasion de regarder le chemin qu’il reste à parcourir.
Chez Jasminrose, nous avons choisi cette année de poser une question simple :
Peut-on vraiment parler des droits des femmes sans parler de leurs menstruations ?
La santé menstruelle est aussi une question de droits
Pendant trop longtemps, les menstruations ont été considérées comme une affaire intime, que les filles et les femmes devaient apprendre à gérer silencieusement.
Pourtant, leurs implications dépassent largement la sphère privée.
Pouvoir comprendre son cycle et son corps, accéder à des produits menstruels adaptés et dignes, disposer d’informations fiables, être écoutée lorsqu’une douleur n’est pas normale ou encore pouvoir étudier, travailler, faire du sport et participer pleinement à la vie sociale pendant ses règles sont aussi des questions de santé, d’éducation, d’égalité et de dignité.
La santé menstruelle est donc aussi une question de droits humains.
Quand les menstruations deviennent un facteur d’inégalité
La précarité menstruelle en est l’une des manifestations les plus évidentes.
Lorsqu’une personne ne dispose pas des ressources nécessaires pour accéder régulièrement à des protections menstruelles adaptées, les conséquences peuvent toucher bien davantage que la gestion des règles elles-mêmes.
Elles peuvent affecter la scolarité, le travail, la santé, la participation sociale et, surtout, la dignité.
Mais la justice menstruelle ne se limite pas à l’accès aux protections.
Elle signifie aussi pouvoir recevoir une éducation menstruelle de qualité, accéder aux soins, voir sa douleur prise au sérieux, disposer d’infrastructures sanitaires adaptées et évoluer dans une société où les menstruations ne sont ni source de honte ni motif d’exclusion.
Les produits ne suffiront pas
L’avenir de la santé menstruelle ne repose pas uniquement sur de meilleures protections menstruelles.
Il repose aussi sur une meilleure éducation, davantage de recherche, une sensibilisation durable et des politiques publiques qui intègrent pleinement les réalités menstruelles.
Il repose sur des enfants qui apprennent à connaître le corps humain sans honte.
Sur des parents capables d’ouvrir le dialogue.
Sur des professionnels de santé qui écoutent.
Sur des écoles qui informent.
Sur une société qui accepte enfin de prononcer le mot « règles » sans détourner le regard.
Chaque conversation qui brise le silence nous rapproche un peu plus de cette société.
À notre génération d’écrire la suite
Le Code du Statut Personnel a marqué une page fondamentale de l’histoire des femmes tunisiennes.
Soixante-dix ans plus tard, honorer cet héritage, c’est aussi continuer à faire progresser les droits des femmes en tenant compte des réalités et des combats de notre époque.
La santé menstruelle en fait partie.
Parce que les menstruations ne devraient jamais constituer un obstacle à l’éducation, à la santé, à l’égalité ou à la dignité.
Et parce que, finalement,
on ne peut pas parler des droits des femmes sans parler de leurs menstruations.
À l’occasion de ce 13 août, Jasminrose a souhaité porter ce message en images.
Bonne fête à toutes les femmes tunisiennes. 🇹🇳🌸
Nos droits continuent de s’écrire.
Ashraf Ben Messaoud



